Sunday, March 02, 2008

L'hypocrisie de ma poésie frôle l'hérésie

Je me suis assis, au pied d'un arbre. Un petit vent sifflotait à travers les branches, ébouriffant mes cheveux, les feuilles. L'herbe ondule, des ombres mouvantes coulant à travers elle.

Dans le lointain, les montagnes. Pics bleutés, incertains. Un brouillard s'entêtait à y rester, comme de la ouate en train de s'effilocher. Et le ciel... Le ciel y faisait contraste, une ligne déchiquetée de part en part, d'un bleu pur, limpide. Cette immensité qui nous sert de couvre-chef, que l'on a toujours essayé d'atteindre, pour finalement y arriver, mais à quoi bon? Je ne sais pas. L'homme semble courir, courir toujours, courir encore, et ne jamais arriver. Alors que l'on est si bien, au pied d'un arbre.

Je regarde en haut de moi. Encore là, un toit. Un enchevêtrement inextricable de branches et de feuilles, le vert et le brun partant en jets, comme sous les pinceaux d'un artiste en colère. La petite touche de jaune ici, le reflet de la lumière là. Chaque feuille bruisselle sous le vent, petite tâche de peinture, pointillisme parfait et changeant.

Je suis une branche du regard. Ses extrémités fondent, l'une dans l'émeraude ensoleillée, l'autre dans un brun veiné de ridules interminables, tarabiscotées. Je sens la vie à l'intérieur, les fourmis qui s'agitent et se précipitent, la sève nourricière qui monte et descend.

...

Don't you wish you could manipulate time? Go explore infinite possibilities. Or at least, go back to a past you miss. ... I wish I could be a child again. Children explore infinite possibilities, regardless of their environment. Children are spontaneous. And most of all... when I was a child, I knew how to write.

It seems writer's block is only something that happens to adults. Because adults.. don't live. It's not hard to understand. When you wake up to go to work and come back home to be able to sleep and wake up the next morning, you do not live. When you don't have the time, or don't take the time to experience something new, you don't live. When you become too bitter, too confident to notice each and every subtlety, you don't live. When you're too stressed to think and be yourself, you don't live. When you don't live, you cannot write.

Words used to speak. Each word, each syllable had a personality, and it would play with you and with each other. I didn't need to force them, they came by their own accord. And they would lie down on paper, in perfect harmony. Not anymore.

Perhaps it's not really a matter of adulthood. Perhaps it's because the brain is getting rusty. If you don't see so many marvels in the world that surrounds you... your brain is probably rotten. And so you cannot write.

...

On ne maîtrise pas une langue. J'aurais aimé dire que je maîtrise le français, mais ce n'est pas le cas. Le français me maîtrise, ou me méprise. Je me complais à rester dans mon ignorance auto-contemplative, à débiter des âneries sur un papier intouchable, à pratiquer la masturbation intellectuelle en inventant des métaphores qui n'ont pas lieu d'être. L'hypocrisie de ma poésie frôle l'hérésie.

And it'll continue, if it can help bleed the poison away.

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