Il fut un temps
Il fut un temps, nous étions tous des enfants. Dans nos yeux rien d'autre que le firmament, un éternel émerveillement. Cela dura un moment, un moment trop court, un moment il y a longtemps. Soudainement, nous fûmes adolescents, d'innocents à... à dire vrai, complètement chiants. Ce fut une étape de questionnements, de silences et de paroles dans le vent. Certains en sortirent plus grands, d'autres... d'autres, n'en parlons pas tant.
C'est là que nous apprîmes certaines choses. Notamment, à souffrir. Souffrir pour soi, pour autrui, souffrir parce que c'est la vie. Certains s'y arrêtèrent, d'autres continuèrent. L'important étant d'en ressortir plus fort, assez pour continuer à l'âge adulte, s'adapter et prétendre aux yeux de la société.
Alors, à ceux qui sont ici, une nouvelle ère. Supposément sûrs de nous, un potentiel inexploité, des horizons illimités et un monde à explorer. Et pourtant... pourtant, au fond, parfois, encore l'enfant. L'enfant à qui on a tant montré, l'enfance moins l'innocence. Ne reste que l'incertitude, l'inquiétude, la solitude. Et ceux qui ont décidé d'enlever leur carapace, et de faire face à toute cette farce, de marcher en avant... Ils s'exposent aux aléas du temps, des gens. Ces gens qui vont les abuser, les contrôler, les aimer, les gifler et les délaisser, oubliés. Alors pourquoi continuer? Continuer à se battre, à gravir cette montagne, avec au bout, une pancarte écrit "J'y suis arrivé"? Simplement pour ces même gens, ceux qui finalement, sont importants.
Grimpez. Grimpez, par dessus mon dos, j'vais vous aider, donner un coup de main, une taloche bien placée, et montez au sommet. Mais rendus en haut, ayez la bienveillance de m'y tirer, ou à tout le moins, de me pousser en bas, au plus profond de la vallée. Parce qu'au moins, là, je pourrais me reposer.
A quoi rime tout ça? Aucune idée. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Mais je continue.
